Consciente de l’intérêt que les Montalbanais portent aux difficultés d’accès à la santé, l’Alternative Pour Montauban a choisi d’organiser une table ronde sur ce thème, jeudi 28 novembre. Plus de 120 personnes se sont retrouvées autour de ce sujet sensible.

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Une rencontre enrichie par un partage de points de vue entre usagers, personnels de santé, personnels hospitaliers, syndicats et nos 2 grands témoins Marie Piqué et Pierre Gauthier.

Marie Piqué, vice-présidente de la Région Occitanie en charge des solidarités, des services publics, de la vie associative et du logement, a ciblé son intervention sur l’accès à la médecine de ville. Quant à Pierre Gauthier, ancien directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation de Midi-Pyrénées, a orienté le débat sur les problèmes de l’hôpital.

Arnaud Hilion, tête de liste de l’Alternative Pour Montauban, ouvre la séance en présentant les enjeux de cette soirée. Tout en rappelant que la santé est une compétence de l’État, et non de la municipalité, il affirme que la municipalité a un rôle à jouer.
Il rappelle que l’Alternative Pour Montauban organise une vaste consultation des Montalbanais jusqu’à fin décembre. Le questionnaire thématique sur la santé est un de ceux qui suscite le plus d’intérêt.

Aujourd’hui, l’accès à la santé est de plus en plus difficile, partout sur le territoire.
Montauban n’est pas épargnée : de plus en plus de Montalbanais ne parviennent plus à trouver un médecin traitant ; quant à certaines spécialités (l’ophtalmologie par exemple), les délais pour obtenir un rendez-vous sont rédhibitoires.

Cela conduit à des situations inacceptables :
• pour les professionnels engagés au quotidien en faveur d’une qualité de prise en charge et de soins,
• pour les patients et leurs familles,
• pour les personnes âgées et vulnérables.

La consultation des Montalbanais confirme que les difficultés d’accès à la santé sont bien réelles à Montauban. Elle confirme aussi l’attachement des Montalbanais à leur hôpital : 80% ont répondu qu’ils ne souhaitent pas que l’hôpital déménage de la commune.

Arnaud Hilion a d’ailleurs affirmé sans ambiguïté sa préférence pour que l’hôpital de Montauban reste sur son emplacement actuel. Et si jamais cela n’était pas possible pour des raisons techniques, l’hôpital devrait rester sur la commune de Montauban.
Il souligne la politique aberrante de l’actuelle municipalité de ne pas avoir réservé l’emprise foncière de l’Arsenal pour l’agrandissement de l’hôpital et en particulier pour construire un parking conséquent (au minimum 800 places)

La table ronde, animée par Rodolphe Portoles, a débuté sur la question de l’accès à la médecine de ville.

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Marie Piqué a présenté un état des lieux, et fait état d’initiatives portées par des collectivités territoriales et/ou des mutuelles consistant à organiser des pôles de médecine ambulatoire. Cela peut se faire sous forme de « maison de santé » ou de « centre de santé. »

Dans les deux cas, différents praticiens (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, etc.) se regroupent dans un lieu commun (souvent mis à disposition par la collectivité) et mutualisent les équipements et les moyens techniques.
La différence essentielle est que dans le cas d’une maison de santé les praticiens exercent en libéral, alors que dans un centre de santé ils sont salariés. Le centre de santé peut être attractif pour certains praticiens qui ne souhaitent pas exercer en libéral. Pierre Gauthier l’a expliqué très simplement : « aujourd’hui, un médecin ne souhaite plus travailler plus longtemps que vous et moi. »

La deuxième partie de la soirée était consacrée à l’hôpital.
Pierre Gauthier a expliqué que l’hôpital était confronté à un triple problème : problème de ressources financières, problème de modèle de gestion, problème de flux (de patients).
Il a ensuite présenté les différents choix qui ont été faits ces dernières années en Occitanie en matière d’implantation des hôpitaux : déplacement en périphérie des villes, déplacement à mi-chemin entre deux villes, le long d’un axe autoroutier, reconstruction sur place… Il n’y a pas de meilleur choix dans l’absolu mais il faut faire un choix après une large étude des contingences locales, de l’offre existante localement et régionalement.
Il faut établir une véritable synergie entre les différents acteurs : médecine de ville, clinique privée, économie locale pour offrir un meilleur accès aux soins. L’important étant de porter un projet cohérent pour l’hôpital de Montauban

On entend qu’il est question de déplacer l’hôpital de Montauban sur Bressols, c’est une erreur car :

  • c’est faire de l’hôpital une succursale des hôpitaux toulousains
  • c’est éloigner les Montalbanais de leur hôpital (problème d’accès)
  • c’est se couper des structures et des équipements existants dans les cliniques privées de Montauban
  • c’est éloigner le nord de Montauban et du département d’un accès aux soins hospitaliers

Les personnels de l’hôpital ont témoigné de leurs difficultés et de leurs demandes. Des témoignages poignants, qui nous rappellent que si l’hôpital est aujourd’hui encore en mesure d’assurer un service de qualité aux patients malgré les conditions matérielles difficiles, c’est avant tout grâce à son potentiel humain, grâce à toutes ces femmes et tous ces hommes qui y travaillent avec abnégation.

De gauche à droite : Cathy Bourdoncle, Jeannine Meignan, Yann Berthomé,
Rodolphe Portoles, Luc Ronfort, Marie Piqué, Cathy Philippe, Stéphane Gonzalez,
Arnaud Hilion, Pierre Gauthier, Laetitia Desguers, Marie-Claude Bouyssi, Isabelle Jocqz
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